Charles Uzor

compositeur suisse, vivant à Saint-Gall

« La répétition rend l’identité impossible. Des schémas musicaux répétés à l’infini en viennent à sonner creux. En revanche, l’imitation semble constituer un des premiers gestes, elle représente la base du comportement humain. Par l’imitation, tu te glisses en jouant dans la conscience de l’autre. Mes « patterns » à moi ont peu à voir avec une culture nord-américaine. Ils trouvent leur origine dans ma culture nigérienne. »
(extrait du livret du CD « Pieces with Tape »).

 

Avis de recherche | 30 mai - 3 juin 2019

Le compositeur suisse est invité à Tours pour travailler avec l'ensemble.

« Charles UZOR est un des compositeurs suisses les plus passionnants. Séduit par l’enregistrement de ses oeuvres pour clarinette et quatuor à cordes, je fais le voyage à Saint-Gall, pendant l’été 2017, pour le rencontrer. Pour lui proposer d’interpréter sa musique. Je découvre une personnalité musicale foisonnante, d’une grande ouverture stylistique. Intrigué par les réminiscences de Guillaume de Machault dans ses oeuvres, je lui ai fait part de cette originalité d’écriture. L’acuité de sa vision historique de la musique achève de me convaincre : l’ensemble PTYX s’enrichira de la rencontre de cet univers.
En juillet 2018, nous déchiffrons deux de ses oeuvres qu’il m’a confiées. Les musiciens valident l’esthétique de ce compositeur hors norme (au sens premier). Nous décidons de l’inviter à Tours au printemps 2019 pour qu’il nous imprègne de son oeuvre. Nous proposerons également un temps de rencontre
pour qu’il puisse présenter son parcours au public français. » (Jean-Baptiste Apéré, mars 2019)

Répertoire
  • Sweet Amygdala pour violon, piano et bande, 2014, 47 min.
  • Mother Tongue Fire/ mimicri pour bande, 2018, 12 min.
  • Canto I « La notte bella » pour soprano, ensemble (flûte, hautbois clarinette basse, cor, piano, harpe, percussions, quintette à cordes) et électronique live, 1985/1987, 15 min.
  • Go, ballet imaginaire pour sept instruments (clarinette, percussions, piano et quatuor à cordes), 1999, 25 min.

 

Charles Uzor, né en 1961 au Nigeria, a étudié le hautbois et la composition. En 1986, le hautboïste Gordon Hunt le convainquit d’entreprendre des études musicales supérieures à la Royal Academy of Music de Londres (composition avec Mélanie Daiken, Malcolm Hill, Paul Patterson et Hans Werner Henze ; dissertation en 2005, sur « Melody and The Phenomenology of Internal Time Awareness »). 

Le travail effectué dans la grande proximité d’ensembles (Ensemble La Notte, Ensemble Quasi Fantasia, Quatuor Carmina et Percussion Art Ensemble Bern) l’ont amené à écrire des oeuvres pour des effectifs intermédiaires : Canto I-IV, White Paperflowers descending on Tientanmen Sq., Notre Vie, Madrigal, Ricercare, Zimzum, Madrigal, et Echnaton »s Hymnos to Aton, extrait du fragment d’opéra Solar Eclipse. Son oeuvre, Go, a reçu en 2001, le Prix international de la fondation Onassis. 

Depuis 1995, Uzor se consacre notamment à la musique de Machault et aux moyens de la transformation sonore électroacoustique (sur bande magnétique). Furent ainsi composés Shakespeare’s Sonnet 65, qui plus aime…, a chantar m’er de so q’ieu no voldria, sweet amygdala, VarekMothertongue et le cycle mimicri. Dans Nri/ mimicri pour quatuor de percussions, Ondes Martenot et bande magnétique, des sons électroniques imitent des sons acoustiques, et inversement. Des chants d’oiseaux ralentis de nombreuses fois pour les transposer dans le grave chantent sur un bourdon d’air en vibration. 

Les compositions de Charles Uzor ont été enregistrées sur CD — Ricercar (col legno, 2005) et Quartets/Quintet (NEOS, 2007) — et ont fait l’objet de diverses portraits radiophoniques.

 

Giuseppe Ungaretti, « La notte bella »

Quel chant s’est élevé cette nuit
qui a tissé de l’écho cristallin du coeur
les étoiles
quelle fête surgissante
d’un coeur en noces
j’ai été un étang de ténèbres
Maintenants je mors
comme un bambin la mamelle
l’espace
maintenant je suis ivre
d’univers